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Le webdocumentaire, une forme expérimentale d’accès aux savoirs (2005-2015)

Article paru dans le livre “La communication numérique, du code à l’information” (2017 – coord. Julien Longhi et Jonathan Weber)

Le documentaire a pris de nombreuses formes : au cinéma, à la radio, au théâtre, jusqu’au webdocumentaire actuel. Toutes ces formes ont en commun de capter et de mettre en forme le réel. Cette mise en forme composée, pour le webdocumentaire, de vidéos, d’images, de sons, de textes a pour objectif de mieux faire comprendre voire de faire ressentir différemment le monde qui nous entoure. Dans ce cadre, la démarche du documentariste est donc autant narrative, sensible que pédagogique.

Le webdocumentaire décline son contenu généralement en plusieurs thèmes et en plusieurs médias. C’est à la fois une expérience individuelle – on ne peut pas projeter un webdocumentaire, il faut l’expérimenter seul – et une expérience collective – de nombreux webdocumentaires cherchent à provoquer des échanges entre les participants. L’accès à ces contenus et leur appropriation, au-delà d’un intérêt pour le sujet, demandent une implication plus forte du spectateur à des degrés divers.

Pour construire un webdocumentaire, les auteurs acquièrent des savoirs et recueillent des informations qu’ils transmettent en fonction de choix. Ces choix sont liés à des impératifs techniques (codage, débit Internet), économiques (le coût de développement d’un site) mais surtout au point de vue qu’ils veulent transmettre de la situation.

La personne qui consulte un webdocumentaire doit donc faire un triple exercice. Elle doit comprendre le sujet abordé, saisir les intentions des auteurs et savoir utiliser l’interface pour parcourir les différentes parties du projet. Cette triple exigence nécessite la mise en place de procédés intellectuels, esthétiques et ergonomiques pour traduire par l’organisation et l’interaction des contenus, le cheminement d’une pensée.

Nous verrons donc en quoi la prise en compte de l’expérience utilisateur peut rendre plus aisée l’approche de la complexité d’un sujet dans un webdocumentaire. Nous verrons également si les auteurs de webdocumentaire prennent en compte la courbe d’apprentissage, le niveau de connaissance des internautes. A quels niveaux peuvent-ils intégrer ces informations ? En quoi prennent-ils la dimension pédagogique en compte dans le choix des contenus ou des compléments ?

Cet article n’a pas pour ambition d’établir une typologie des bonnes et des mauvaises pratiques. Il s’agit simplement de d’esquisser un bilan 10 ans après l’apparition des premiers webdocumentaires et de poser les bases d’une réflexion à partir de quelques études de cas.

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